Blog littéraire de l'imaginaire

Bienvenue sur ce blog consacré à la littérature. J'ai une préférence pour les lectures de l'imaginaire c'est-à-dire tout ce qui est fantastique, fantasy, science-fiction, ... Il m'arrive aussi de sortir de ma zone de confort et de lire des récits que je n'ai pas l'habitude. Il se peut donc que de temps en temps se glisse entre mes pages un article ou une critique sur un polar, un classique, une biographie, ...

La lecture est une façon de voyager et de s'évader, parfois jusqu'aux confins du monde. Je vous invite à faire un bout de chemin avec moi au fil de mes lectures, en espérant pouvoir vous faire découvrir des choses intéressantes, voir vous donner envie de vous plonger dans un livre en particulier.

Bonne visite :)

samedi 1 juillet 2017

LE PIANISTE de Wladyslaw Szpilman


17/20


Edition: Pocket Jeunesse

Origine de l'auteur: Pologne

Traduction: Bernard Cohen

Titre original: The Pianist

Année de première parution: 1998 

Genre: Historique, témoignage, autobiographie, 2ème guerre mondiale, ghetto, nazisme

Nombre de pages: 253





Le récit d'un jeune pianiste survivant du ghetto de Varsovie.
Septembre 1939. L'invasion de la Pologne, décrétée par Hitler, vient de déclencher la Seconde Guerre mondiale. Varsovie est écrasée sous les bombes; à la radio résonnent les derniers accords d'un nocturne de Chopin. Le pianiste Wladyslaw Szpilman est contraint de rejoindre le ghetto nazi. Là, il va subir l'horreur au quotidien et la menace permanente de la déportation. Miraculeusement rescapé de l'enfer grâce à un officier allemand mélomane, le pianiste témoigne...




Ce n'est pas toujours facile de faire une critique sur un livre de type témoignage. On peut difficilement critiquer l'histoire, elle est ce qu'elle est, on ne peut lui reprocher un manque d'originalité ou des rebondissements haletants. 
Ce que je peux dire c'est que c'est un témoignage vraiment poignant, bien que beaucoup disent que l'écriture est plutôt froide, neutre et détachée, je l'ai trouvée très juste et prenante.
Je ne peux qu'adhérer aux mots écrits en préface par l'éditeur: " Son style bref, concis n'est détaché qu'en apparence. Car, ne vous y trompez pas: plus les mots sont simples et sans concession, plus l’émotion qu'ils retiennent avec pudeur noue la gorge." Cette phrase résume parfaitement le sentiment que la lecture de ce récit m'a fait ressentir. Il faut savoir que l'auteur a écrit ce livre initialement très peu de temps après la guerre (en 1946 si je ne me trompe pas), il a fallu énormément de temps pour qu'il soit publié, ayant subit des censures lors des premières publications. 

Malgré la cruauté sans bornes qui se cache à peine derrière l'écriture de Szpilman, j'ai lu ce livres en très peu de temps, tellement j'étais prise par l'histoire. Tout le monde connait cette partie horrible de l'Histoire, mais peut-être moins connaisse ou se rende compte de ce qu'il s'est réellement passé durant ces 6 années dans ce ghetto à Varsovie. Pour cela il vaut vraiment la peine d'être lu, du moins si l'ont a le cœur assez accroché pour affronter la dure réalité de ces horribles et innommables moments. 
Je regrette juste une chose: Wadyslaw n'a pas fait que survivre, il a aussi participé activement à la résistance, épisodes malheureusement fort peu conté dans ce livre.

J'ai également beaucoup apprécié la présence de quelques extraits, en fin de livre, du Journal de Wilm Hosenfeld qui est l'officier Allemand ayant aidé et sauvé Wladyslaw Szpilman. On y voit les choses du point de vue d'un Allemand qui était loin d'être d'accord avec les nazi, et il n'était pas le seul.


" Je n'habitais pas très loin du bâtiment de la radio mais ce jour-là le trajet m'a pris deux fois plus de temps que d'habitude. Je n'avais accompli que la moitié du chemin lorsque le hurlement des sirènes s'est élevé des haut-parleurs fixé aux réverbères et aux enseignes des magasins. Puis j'ai reconnu la voix du présentateur de la radio: " Ceci est une alerte destinée à la ville de Varsovie ! Soyez vigilants ! Sont maintenant en approche..." Et, là, il s'est mis à réciter une série de lettres et de chiffres, un code militaire qui sonnait aux oreilles civiles comme des formules cabalistiques aussi mystérieuses que menaçantes. Les chiffres indiquaient-ils le nombre d'avions qui s'apprêtaient à fondre sur nous ? Et les lettres, est-ce qu'elles symbolisaient les quartiers où les bombes allaient tomber ? Et, dans ce cas, la zone où je me trouvais maintenant était-elle concernée ?"


" C'est ici que j'allais perdre deux de mes grandes illusions: celle que nous étions tous solidaires face à l'adversité, et celle que tous les Juifs savaient apprécier la musique.


Extraits du Journal de Wilm Hosenfeld:
" Il est impossible de ne pas se demander encore et encore comment une telle racaille a pu se développer et prendre cette importance au sein de notre peuple ? Ont-ils libéré aliénés et criminels de leurs asiles et de leurs prisons pour les envoyer faire régner la terreur ici ? Mais non, ce sont des gens disposant d'un certain rang dans l'appareil d'Etat qui ont appris ces comportements à leurs concitoyens jadis inoffensifs. Le mal, la férocité sont toujours tapis dans le cœur humain et il suffit qu'on les laisse se développer librement pour qu'ils se mettent à croître, à développer d'obscènes rameaux, à engendrer les idées monstrueuses qui finissent par rendre possible qu'on assassine Juifs et Polonais de cette manière. "


" Quels lâches nous sommes, à nous croire au-dessus de pareilles horreurs sans rien faire pour les en empêcher ! Nous serons punis, nous aussi, et nos enfants le seront aussi, bien qu'inoccents, parce que nous devenons des complices en tolérant que tous ses crimes soient perpétrés. "



Ce que j'ai préféré:
° Ce livre est poignant et prend aux tripes
° Les bribes de journal du sauveur de Wladyslaw Szpilman



Ce que j'ai moins aimé:
° Rien de particulier, hormis l'Histoire, qui nous rappelle à quel point l'homme peut-être une bête totalement dégénérée...



NOTA BENE:
Initialement, son livre est écrit sous le titre " Une ville meurt" et est interdit par les autorités communistes. C'est en 1998 que son fils, Andrzej Szpilman, tombe sur le manuscrit et en obtient une nouvelle publication. Wladyslaw s'est éteint à Varsovie le 6 juillet 2000 alors qu'il est âgé de 88 ans. (Source: préface éditeur)

Le pianiste à également connu une adaptation au cinéma. Le récit est porté à l'écran par le réalisateur Roman Polanski en 2002 qui a choisi Adrien Brody pour camper les trait du héro. 

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